Selon l’accord d’Abuja en 2001 qui préconise aux États africains l’octroi de 15% du budget national à la santé dont la Côte d’Ivoire est signataire, on constate des difficultés de mise en œuvre de cet accord dans la majorité des États Africains notamment en Côte d’Ivoire. Cet accord oblige en effet ces pays à reconsidérer leur position pour tous les maux susceptibles d’affecter leurs communautés.

Ainsi, la pandémie de la Covid-19 vient mettre à nu la grande fragilité du système sanitaire ivoirien et interpeler le gouvernement. La société civile a saisi cette occasion pour faire une évaluation du système sanitaire et la gestion de cette pandémie afin d’attirer l’attention du gouvernement sur les conséquences de la gestion de cette pandémie et la situation des autres services de santé.

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ASAPSU, en lien avec la Fédération des Organisations de Santé de Côte d’Ivoire (FENOSCI), a par la suite mené un sondage pour comprendre cette situation en marge de l’étude de la Banque Mondiale.

Au cours de cet exercice, les constats suivants sont observables :

  • La faible fréquentation des centres de santé (50%) sur l’étendue du territoire national compte tenue de la psychose de la maladie à Corona Virus ;
  • La zone ouest du pays est plus frappée par cette réduction de la fréquentation ;
  • Les modèles mathématiques signalent que de grandes perturbations desdits services en Côte d’Ivoire pourraient laisser 440 500 enfants sans antibiotiques oraux pour la pneumonie, 863 100 enfants sans vaccin contre le DTC, conduire à 155 900 accouchements en moins dans les établissements de santé et 261 700 femmes en moins bénéficiant de services de planification familiale dont la conséquence serait un accroissement  de 17 % de la mortalité infantile et de 16 % de la mortalité maternelle pendant les 12 mois suivants ;
  • Les jeunes et les hommes sont quasiment absents dans les centres de santé alors que des services leurs sont dédiés ;
  • L’utilisation des services d’urgence est devenue la norme puisque les populations se rendent à l’hôpital qu’en cas d’urgence ;
  • Le coût des autres services de santé est inaccessible alors que la majeure partie de la population a vu ses activités fermées, la conséquence donc est que ceux-ci ne peuvent faire face à leurs besoins de santé.

Par conséquent la société civile interpelle le gouvernement pour :

  • L’intensification de la sensibilisation des populations pour la fréquentation des centres ;
  • Le renforcement des services déjà disponibles ;
  • La gratuite des services de santé telle que les consultations de médecine générale et l’appui en médicaments de première nécessité ;
  • La gratuité des soins pédiatriques et ceux des femmes enceintes ;
  • La prise en charge des personnes âgées à 80% pour toutes les pathologies.

Pour finir, la société civile remercie le gouvernement pour les actions déjà prises et souhaite par la même occasion que celui-ci aille plus loin. Efforts indispensables auxquels nous en appelons pour réduire au mieux l’impact négatif du Covid-19 sur les populations et les autres services de santé. Le tout dans une dynamique de la continuité des actions concertées en faveur de la Couverture Maladie Universelle.

L’ONG ASAPSU et la FENOSCI

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